Le festival
Le festival
De nos jours, les représentations de la guerre sont multiples dans les médias, au cinéma, sur les réseaux sociaux. Films, photographies, reportages, documentaires, fictions, images d’archives ou d’actualité, elles font partie de notre quotidien. Images du front ou clichés des populations civiles, source d’information ou de propagande, l’image de guerre peut devenir une véritable arme au cœur des conflits.
L’intelligence artificielle et les photo montages ont accru les tentatives de manipulation par l’image. Comprendre une image, prendre le recul nécessaire pour analyser ce que l’on voit devient un sujet de société.
A travers projections, expositions et rencontres avec des réalisateurs, des historiens, des journalistes, ce festival d’éducation à l’image offre un décryptage et amène à réfléchir sur la place des images de guerre dans la société et leur impact sur notre perception des conflits d’hier et d’aujourd’hui.
Le festival, initié par la Communauté d’Agglomération de Lens Liévin avec la complicité de Lens Tourisme gestionnaire du Centre d’histoire du Mémorial 14 18 Notre Dame de Lorette, est réalisé en partenariat avec Cinéligue, Séries Mania et l’ECPAD.
Le contexte
Théâtres de violents combats pendant la Première Guerre mondiale, les paysages des collines de l’Artois, comme la mémoire collective, en restent encore aujourd’hui empreints.
En 2015, en contrebas de la colline Notre-Dame-de-Lorette, la Communauté d’Agglomération de Lens Liévin a inauguré un Centre d’histoire pour donner à comprendre ce qui s’est joué ici pendant la Grande Guerre. Ce Centre d’histoire, la nécropole nationale Notre-Dame-de-Lorette et l’Anneau de la mémoire constituent un ensemble mémoriel exceptionnel qui contribue tout à la fois à documenter cette période de l’histoire et à rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie pour défendre un idéal de paix.
Pour remplir cette mission, le Centre d’histoire du Mémorial 14-18 Notre-Dame-de-Lorette s’appuie sur une riche collection permanente de photographies et de vidéos d’archives et a développé depuis plusieurs années un partenariat avec l’ECPAD, l’Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense, qui donne lieu à des expositions temporaires thématiques autour de l’image de guerre.
La troisième édition du festival
La première édition proposait un focus sur les femmes en temps de guerre : mère, fille, soignante, photo reporter, le rôle des femmes est souvent invisibilisé ou réduit à un statut de victimes.
Lors de la 2ème édition et à l’occasion du 110ème anniversaire des Batailles d’Artois, le festival Images de guerre, guerre des images a présenté une sélection de films et de documentaires sur les guerres de tranchées.
Pour cette 3ème édition : L’échappatoire pour survivre
Dès la Première Guerre mondiale, les soldats ont cherché des formes d’évasion pour échapper au poids permanent du conflit : moments de permission, camaraderie, humour, jeux, correspondances, création artistique. Les archives témoignent de ces instants de tentative de normalité au cœur du chaos. Respirations brèves, qui révèlent une nécessité vitale : rester humain.
Mais ce besoin d’échappatoire ne concerne pas uniquement les combattants. Il traverse toutes les expériences de guerre et toutes les époques. Hommes, femmes, enfants, mobilisent également, à leur manière, des ressources intérieures pour faire face à l’effondrement du quotidien. Imaginer un ailleurs, maintenir des liens affectifs, créer, jouer, rêver, s’évader dans l’irréel, rire parfois : autant de gestes qui permettent de résister à la désintégration psychique.
À travers le cinéma, les séries, le documentaire, l’animation, le court métrage, et appuyée par des rencontres avec des réalisateurs, historiens et journalistes, cette édition du festival interrogera une dimension profondément humaine et intemporelle : la capacité de l’esprit à trouver ou inventer des refuges lorsque son monde bascule. Car derrière chaque conflit se dessine une même question universelle : comment préserver son humanité lorsque tout semble vouloir la détruire ?